Deux opérateurs vous proposent le même tarif affiché par MW. L’une des deux propositions coûtera 30 % de plus sur la durée du contrat. Lire une proposition de capacité datacenter est une discipline et la plupart des équipes achats l’apprennent à leurs dépens.
Le tarif affiché est rarement le tarif réel
Quand vous recevez une proposition, le montant mensuel par kW ou par MW n’est que la ligne de départ. Trois catégories de coûts déterminent le coût total réel :
- Charges récurrentes: la ligne que tout le monde compare. Généralement en EUR/kW/mois.
- Coûts en pass-through: énergie au coût, avec ou sans couverture, plus taxes réglementaires.
- Contributions capex: aménagement, distribution électrique sur-mesure, redondance.
Le piège : les opérateurs structurent ces trois enveloppes différemment. L’opérateur A peut intégrer le pass-through dans le tarif affiché. L’opérateur B le sépare pour paraître moins cher au premier abord. Comparer les enveloppes isolément n’a aucun sens.
Trois pièges que nous voyons régulièrement
Piège 1 : les hypothèses de PUE
Une proposition annonçant l’énergie « PUE 1.2 effectif » n’est pas la même qu’une proposition « PUE 1.2 contractuel ». La première est un objectif ; la seconde est un engagement. Sur un contrat de 10 ans pour 10 MW de charge IT, cette distinction représente sept chiffres.
Piège 2 : les clauses d’indexation
Cherchez la formule. Certaines propositions indexent sur un seul IPC national. D’autres utilisent un panier comprenant les prix de l’énergie, les indices de main-d’œuvre et des ajustements de change. La version panier peut dériver de 3 à 4 % par an au-dessus de l’IPC en période inflationniste.
Piège 3 : l’économie de la résiliation
Les clauses de résiliation anticipée sont l’endroit où les propositions favorables à l’acheteur divergent de celles favorables à l’opérateur. La question n’est pas de savoir si vous pouvez résilier, c’est de savoir comment la dette résiduelle est calculée : sur le capex restant, le revenu restant, ou un hybride. L’hybride est presque toujours le plus cher.
Un cadre simple de normalisation
Avant de comparer les propositions, normalisez-les sur cinq dimensions :
| Dimension | À extraire |
|---|---|
| Récurrent mensuel total | Énergie + refroidissement + connectivité + espace |
| Plancher pass-through | Coût minimum énergie par kWh, tout compris |
| Durée | Années, avec clauses de sortie notées |
| Formule d’indexation | Indice, plafond, plancher |
| Contribution capex | Opérateur, vous, mécanisme d’amortissement |
Une fois toutes les propositions sur la même grille, la vraie comparaison émerge. Le tarif affiché le plus bas n’est souvent pas le contrat le moins cher.
Les propositions qui semblent identiques en page une le sont rarement en page douze. La discipline, c’est de tout lire.
Les questions qui comptent
Pour chaque proposition que nous aidons à évaluer, trois questions font émerger le plus de valeur :
- Quel est le coût tout compris par MW IT par an sur la durée ? Force la normalisation.
- Que se passe-t-il si notre charge varie de ±15 % ? Teste la flexibilité.
- À quoi ressemble l’année 8 au plafond d’indexation ? Teste le risque baissier.
Les opérateurs qui répondent clairement à ces questions sont généralement ceux dont les propositions résistent à l’examen.
En résumé
Le tarif affiché, c’est du marketing. Le coût total de possession, c’est de l’achat. L’écart entre les deux est le terrain de la vraie négociation et de l’endroit où se cachent les plus grosses économies, ou les plus grosses surprises.